La phytothérapie consiste à utiliser des plantes, ou des extraits de plantes, pour prévenir ou soulager des troubles. C'est la plus ancienne forme de médecine, et une partie des médicaments actuels en dérivent. Naturelle ne veut pas dire sans risque : voici comment l'utiliser de façon éclairée.
Qu'est-ce que la phytothérapie ?
La phytothérapie utilise différentes parties des plantes (feuilles, fleurs, racines, écorces, graines) pour leurs composés actifs. En France, les plantes médicinales sont vendues sous deux statuts :
- les médicaments à base de plantes, évalués et autorisés, avec une notice et des indications ;
- les compléments alimentaires, plus nombreux, soumis à des règles moins strictes et qui ne peuvent pas revendiquer de soigner une maladie.
Au niveau européen, l'Agence européenne du médicament publie des monographies qui font le point sur l'usage, l'efficacité et la sécurité de nombreuses plantes.
Les différentes formes
| Forme | Description | À savoir |
|---|---|---|
| Tisane (infusion, décoction) | Plante séchée dans l'eau chaude | Forme douce, dosage approximatif |
| Gélule de poudre | Plante séchée broyée | Pratique, faible concentration |
| Extrait sec ou fluide | Composés concentrés | Dosage plus précis |
| Teinture mère | Macération dans l'alcool | Contient de l'alcool |
| Macérat de bourgeons | Voir la gemmothérapie | Contient de l'alcool |
| Huile essentielle | Voir l'aromathérapie | Très concentrée, précautions strictes |
Ce qui est prouvé
Le niveau de preuve varie beaucoup d'une plante à l'autre :
- certaines plantes ont un usage bien établi, appuyé par des études : le millepertuis pour la déprime légère à modérée, le gingembre contre les nausées, la valériane pour le sommeil (avec un effet modeste) ;
- beaucoup relèvent d'un usage traditionnel : leur innocuité est plausible au vu de leur long usage, mais leur efficacité n'est pas démontrée ;
- d'autres n'ont aucune donnée solide, malgré une forte promotion commerciale.
Chaque fiche de cette rubrique précise ce qu'il en est pour la plante concernée.
Les précautions indispensables
- Les interactions : le millepertuis réduit l'efficacité de nombreux médicaments (pilule contraceptive, anticoagulants, traitements du VIH, immunosuppresseurs). D'autres plantes renforcent l'effet des anticoagulants ou des sédatifs.
- Les populations fragiles : grossesse, allaitement, enfants, personnes âgées polymédiquées, maladie du foie ou des reins.
- La qualité : une mauvaise identification ou une contamination peuvent rendre un produit dangereux.
- La durée : un trouble qui persiste demande un avis médical, pas une cure prolongée.
L'Anses met à disposition un tableau qui résume, plante par plante, les précautions d'emploi et les interactions connues. Signalez toujours à votre médecin et à votre pharmacien les plantes que vous prenez.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre phytothérapie et aromathérapie ?
La phytothérapie utilise la plante entière ou ses parties (feuilles, fleurs, racines) sous forme de tisanes, poudres ou extraits. L'aromathérapie n'utilise que les huiles essentielles, extraits très concentrés obtenus par distillation.
Les plantes peuvent-elles être dangereuses ?
Oui. Certaines sont toxiques à forte dose, d'autres interagissent avec des médicaments (anticoagulants, contraceptifs, antidépresseurs). Le millepertuis, par exemple, diminue l'efficacité de nombreux médicaments.
Où acheter des plantes médicinales en toute sécurité ?
En pharmacie, en herboristerie ou auprès de marques qui indiquent clairement l'espèce, la partie utilisée et la dose. Évitez les produits achetés sur des sites étrangers sans traçabilité.
Les plantes sont-elles efficaces ?
Certaines ont une efficacité reconnue pour des troubles légers, et l'Agence européenne du médicament leur a consacré des monographies. Pour beaucoup d'autres, l'usage reste seulement traditionnel.

















